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Techniques nouvelles d'encadrement

1/ Techniques de plastification

a. Avantages des films de plastification et de protection (selon les fabricants)

- Grâce aux films, les images durent et restent attractives plus longtemps. La face sensible de la photo ou des images est protégée des griffures, des graisses, de l'humidité, des poussières et des traces de doigts. Plis et déchirures n'affectent pas les images protégées, prolongeant ainsi efficacement leur durée de vie.
- L'éclairage intensif et directionnel sur les panneaux de stands d'exposition provoque la réverbération de la lumière et un effet miroir désagréable. Les films mats évitent les reflets et augmentent la visibilité des sujets.
- Les films brillants contribuent à donner de la profondeur et de l'éclat en favorisant les contrastes des couleurs.
- Les films sont disponibles en différentes épaisseurs et plusieurs finis de surface et contiennent tous des absorbeurs UV qui agissent comme des filtres, retardant ainsi l'altération des couleurs.
- Ils se nettoient comme une surface vitrée.

b. Procédés de plastification existants

- lencapsulation 

Plastification recto verso de l'image avec film polyester de propriété souple, semi rigide ou rigide. La plastification est en général réalisée à chaud parfois à froid.

La technique rend le visuel étanche aux intempéries (eau-vent-etc…) en déposant un film de plastique à chaud de 36 microns (très souple) à 500 microns (rigide) en recto verso sur tout support (50 à plus de 1000 g). Une légère bordure de découpe autour du visuel (soudure périphérique) met ce dernier entièrement à l’abri de l’humidité ou autres agressions naturelles, ce qui permet une utilisation en extérieur (sites touristiques, jardins, caves, grottes, etc.) La matière utilisée est du polyester brillant ou mat, ou du PVC satiné. 

Fixation par attaches adhésives, attaches incrustées, velcro, double-face, ruban magnétique, oeillets, chevalets, etc.

- le pelliculage

Plastification une face avec film PVC principalement utilisé sur des visuels déjà collés par laminage sur supports  (possibilité deux faces avec un même film ou film différent suivant nuance ou propriété).

La plastification se fait à chaud ou a froid : un large éventail de films de protection est proposé, du super mat au super brillant qualité photo, pour une utilisation en extérieur ou intérieur.

Les caractéristiques des supports et des films sont identiques à celles de l'encapsulage.

c. Contrecollage

Les documents imprimés sur tous supports (photos, numériques, offset, sérigraphies) sont collés sur

- Carton plume 5 et 10 mm : ultra léger mais étonnamment rigide. Il s'agit d'une couche de polystyrène prise en sandwich entre deux feuilles de carton mince. C’est la solution idéale pour emporter une quantité importante de panneaux sans se rompre le dos. Excellent état de surface, découpage très facile, se plie sans casser.

- Mousse de polyuréthane 3 mm, 5 mm et 10 mm

- Medium : voir ci-dessous l'explication sur le Laminage.

- Tôle d’aluminium - de 1 à 10 mm : pour ne voir que l'image, très utilisé par les photographes professionnels. Excellente durabilité aux intempéries, aspect de la tranche net, très résistant aux chocs. C’est un matériau dense absolument inaltérable à part le dépôt d'une mince couche d’alumine qui lui donne un aspect terne.

- Dibond blanc (sandwich aluminium) - 2, 3 ou 4 mm : le meilleur rapport rigidité/poids, il assure la planéité parfaite et une excellente longévité. Deux plaques minces d’aluminium entourent une âme en matériau composite (PVC ou polyéthylène). Sa tenue à la lumière, aux températures extrêmes, à l’humidité et au feu est excellente. C’est une surface sensible à la rayure et les traces d’impacts sont marquées. 

- PVC expansé blanc (polychlorure de vinyle - Komacel, Forex) – de 0,3 à 10 mm : solide et souple, il permet de présenter une image à l'extérieur ou à l'intérieur et bénéficie de la norme anti-feu M1. Bonnes performances aux agressions chimiques (inaltérables par les agents atmosphériques). Ne s’écaille pas, est imputrescible et n’absorbe pas l’eau. Sans protection les plaques ne sont toutefois pas très résistantes à la rayure et à l’abrasion. Risques de déformation à la chaleur et fragilisation par le froid qui les rend cassants.

- Plexiglass (métacrylates) : 2 à 10 mm (diffusant ou transparent). Bonne résistance mécanique à partir d’une épaisseur de 6 mm. Vieillissement sous garantie décennale (-3% de perte de luminosité en 10 ans). Il peut être assez facilement rayé, les solvants le ternissent, il est sensible à la dilatation due à la chaleur et aux variations relatives d’humidité. Se travaille comme du bois et des chanfreins et un polissage donne aux plaques un aspect très fini avec une possibilité d’utilisation sans encadrement. Les contrecollages en vitrauphanie (derrière un PVC transparent) apportent une classe réservée aux plus belles présentations et mettent les images à l'abri des agressions.

- autres contre-collages par adhésivage
Dépôt d’un film adhésif double face avec protecteur sur tout support: papier, carton, caoutchouc en feuille ou en continu.

L’exposition sur les volcans emploie la technique de la plastification à chaud avec film brillant 500 microns (donc très épais) et un contrecollage sur plaque genre PVC (assurant planéité parfaite et très bonne résistance au froid et à l’humidité). Cette dernière est elle même collée sur une autre plaque plus grande genre Stratifié

2/ Le laminage à chaud*

La technique du laminage est la technique de plastification la plus employée aujourd'hui en photographie. Nous lui accordons donc un développement particulier.

* le laminage a froid existe. Nous n'en traitons pas. Il est supportable lorsque l'on regarde une image a distance mais ne résiste pas à l'inspection de près. L’effet est le même que celui que l’on peut obtenir soi-même avec du film couvrant autocollant pour les livres.

a. Histoire du laminage

Le laminage est très développé dans certains pays et existe depuis 1980 au Canada et aux Etats-Unis où il a été inventée et mise au point. Aujourd'hui au Québec, plus de 2000 entreprises fabriquent du laminage. Dans les magasins d'images, on trouve pour 80 % de laminage… et 20 % de cadres.

La technique est disponible depuis 1984 en France mais elle est pour le moment assez peu développé par rapport à l'encadrement traditionnel et au simple sous-verre, car elle est encore peu connue du grand public et peu de boutiques proposent ce service directement aux particuliers.

La situation devrait évoluer rapidement car les professionnels s'attachent à faire la promotion du procédé, et les photographes proposent de plus en plus souvent à leurs clients ce type d'encadrement.

b. Le procédé 

La technique consiste à "thermocoller" à chaud (90°), dans une presse spéciale sous vide, une image sur un support qui peut être rigide dans le cas des "plaques" et des "caissons" ou souple pour les "toiles".

Pour le collage, on utilise de la colle sèche qui ressemble à une feuille de papier et qui fond sous l'effet de la chaleur. Elle est déposée sur le support.

Le document est ensuite placé  sur le film de colle.

Simultanément, un film plastique protecteur (mat ou brillant, fin, transparent et invisible) est tendu parfaitement, plaqué au document et collé sous l'effet de la pression et de la chaleur (plus de 100°), donnant au cadre une surface lavable, anti-UV et anti-reflet

.

c. Avantages (arguments de vente)

- protège les images du vieillissement (Une plus grande tenue des couleurs dans le temps grâce à la protection anti-UV - mais attention, celle-ci n'est jamais efficace à 100%, utiliser en intérieur seulement et à l'abri des rayons du soleil).

- valorise les couleurs (Le cadre "laminage" donne de la profondeur aux photos et améliore le rendu des documents.)

- est anti-reflets (Finis les reflets désagréables des sous-verres traditionnels !)

- est incassable (Plus de risque de casse et de verre brisé ! La solidité de ce produit facilite la manipulation et le transport des documents.)

- s'entretient très facilement (Surface lavable : il est possible d'utiliser du produit lave-vitre, avec précaution bien sûr.)

- permet une suspension totalement plaquée au mur grâce au système d'accrochage intégré.

d. Caractéristiques des plaques

Ce sont des plaques de "médium" d'épaisseur 10 mm (amalgame de fibres de pin qui constitue un aggloméré très haute densité hydrofuge, n'absorbant donc pas l'humidité). Elles se travaillent comme du bois et peuvent être accrochées sans risque dans une cuisine ou une salle de bain.

Elles sont chanfreinées (biseautés), puis une couleurs de finition est appliquée à chaud sur les chants pour un fini parfait. 

(1) (2)

Une attache (1) est fixée au dos pour l'accrochage au mur.

On peut aussi trouver un autre système, une encoche dite "trou de serrure" (2) permettant l'accrochage à une simple tête de clou ou de vis.

e. Caractéristiques des caissons

Réservés aux moyens et grands formats c'est la présentation Haut de Gamme.

L'image est d'abord thermocollée sur une feuille de médium de 3 mm, qui est ensuite montée sur un châssis de 3 cm d'épaisseur. L'ensemble est donc creux au dos, plus léger une fois accroché au mur.

Comme la plaque les bords des caissons sont chanfreinés avec une des couleurs de finition sur les chants. Une gorge dans la baguette supérieure permet l'accrochage.

f. Encadrement traditionnel avec passe-partout

Afin de rehausser l'éclat des documents, il est bien sûr possible d’encadrer une photo laminée avec un passe-partout en couleur (bordure de plusieurs centimètres encadrant la photo).

g. Applications et limites du laminage

Les reproches que l’on peut opposer aux techniques de laminage et à la plastification sont les suivants :

- Le laminage convient aux posters, pas à la photographie de qualité. 
Visuellement, le laminage à chaud donne un rendu flatteur mais dans une optique de conservation, c'est épouvantable. Le film de colle peut réagir dans le temps avec la photo ainsi que le film de plastification. La conservation de la photo n’étant plus assurée, l’image est dépréciée et perd immédiatement toute valeur. On arrive presque dans le domaine du poster. Il devient impossible de la vendre comme quelque chose de rare, soigné, tiré à peu d'exemplaires. Ce qui est possible avec les reproductions de bonne qualité, des posters de Yann Arthus-Bertrand par exemple, ne l'est plus avec une photographie originale. Dans le cas de vente à l'unité, un amateur de photo n'achètera jamais une photo montée de la sorte. 
A noter : le film brillant semble plus fragile que le film mat. 

- Danger à la pose 
La pose des films est toujours une opération délicate, et une petite erreur de manipulation peut parfois entraîner des plis. Plus la surface à couvrir est importante, plus le risque est grand. Les photos gâchées sont irrémédiablement perdues et ne peuvent être vendues. Les sociétés qui propose le laminage, conscientes du problème, tiennent à la disponibilité du public tout un choix de reproductions de grands photographes. En cas d’accident, on peut recommencer le travail sur un autre exemplaire, ce qui n’est pas possible avec des photos fournis à l'unité.

L'application du laminage est donc :

- Tirage qui n'a pas le statut d'un tirage d'art
- Présentation chez soi d’un poster
- Expositions en plein air ou expositions itinérantes. 
- Exposition itinérante d'assez grands formats, qui poseraient des problèmes de montage et de coût dans le cas d'une présentation traditionnelle. Les œuvres exposés sont ainsi facilement transportables et d’installation facile. On ne risque pas la casse et les tirages résisteront à de multiples agressions.

L'encadrement traditionnel permettra seul de traiter des sujets fragiles, ou des sujets qui doivent être protégés, montés avec des matériaux et des techniques qui leur assurent une bonne conservation.

 

 
 Les explications d'Hervé Sentucq, photographe
Vue d'ensemble
Liste produits

 

Cet article à été publié par :galerie-photo.com

 
L'auteur de l'article

Hervé Sentucq a commencé la photographie 1988 et s'est spécialisé depuis fin 1997 dans la photographie panoramique sur diapositives de dimension 6x17 cm. Il constitue la première photothèque panoramique française d'images de France et d'Ecosse. Il possède une chaîne graphique entièrement calibrée et effectue lui-même les numérisations et le traitement de ses photos. Son activité de photographe-auteur est principalement tournée vers la publicité et l'illustration sur les thèmes du tourisme et de l'environnement.
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